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Gaspi, c'est fini en Sisteronais-Buëch

Communauté de Communes Sisteronais-buëch

3 place de la République
04200 SISTERON

contexte

En réponse à l'Appel à Projet "Lutte contre les pertes et le gaspillage Alimentaire" lancé par l'ADEME, la Région Sud et la DRAAF en 2017, la Communauté de Communes du Sisteronais-Buëch (CCSB), s'est lancé depuis 2018 dans un vaste programme de prévention de lutte contre le gaspillage alimentaire. 

objectifs et résultats

Objectifs généraux :

“Gaspi, c’est fini” en Sisteronais-Buëch vise à :

- Réduire quantitativement le gaspillage alimentaire chez différents producteurs répartis tout au long de la chaîne alimentaire et sur l’ensemble du territoire, grâce à un accompagnement approfondi de ces acteurs

- Accompagner au changement de comportement et sensibiliser les différents acteurs de la chaîne alimentaire à la lutte contre le gaspillage : exploitants agricoles, distributeurs (supermarchés, marchés), restaurations collectives (établissements scolaires, de santé, EHPAD, cuisine centrale, etc.) et commerciales, particuliers.

- Démontrer, par des actions-pilotes et des événements de restitution des actions, que le gaspillage alimentaire se retrouve à tous les maillons de la chaîne et qu’il est possible pour chaque acteur de le réduire

- Lancer une dynamique sur le territoire autour de la réduction du gaspillage alimentaire, faire se rencontrer les acteurs pour favoriser l’émergence de bonnes initiatives

- Favoriser le réemploi et le don quand les pertes et gaspillages alimentaires n’ont pu être évitées

Objectifs quantitatifs :

Pour l’ensemble des actions en restauration collective, le projet vise a minima 50% des sites scolaires présents sur la communauté de communes du Sisteronais-Buëch, soit 16 écoles.

 

Cibles

Nombre de structures/personnes visées sur trois ans

Proportion du territoire couverte pour les actions en restauration collective

Agriculteurs

Au minimum 4 agriculteurs

 

Grandes et moyennes surfaces

6 grandes et moyennes surfaces

90%

Marchés hebdomadaires

3 marchés principaux hebdomadaires

2 marchés secondaires

 

Établissements scolaires (écoles et collège)

3 collèges

16 écoles

75% des collèges

58% des écoles primaires

Cuisine centrale

1 cuisine centrale

50% cuisines centrales

EHPAD

6 EHPAD

60% des EHPAD

Hôpitaux

Hôpital de Sisteron ou de Laragne

50%

Restauration commerciale

14 restaurants (dont restaurants, snacks et restaurants liés au tourisme estival)

 

Grand public

 

 

Résultats quantitatifs :

Indicateurs pour les actions glanage chez le producteur :

- Nombre de champs glanés et/ou quantités glanés

- Nombre d’agriculteurs engagés dans l’action

- Nombre de glaneurs mobilisés

- Constitution d’un réseau de glanage impliquant au moins deux agriculteurs et une association d’aide alimentaire

 

Pour les actions auprès des marchés :

- Nombre de vendeurs mobilisés

- Nombre d’associations de redistribution mobilisées

- Constitution d’un réseau de glanage sur les marchés

 

Pour les actions auprès de la restauration commerciale :

- Nombre de restaurants commerciaux témoins pour réduire le gaspillage alimentaire

- Quantification du gaspillage alimentaire

- Évaluation de l’efficacité des gestes identifiés en termes de réduction du gaspillage alimentaire

- Évaluation de la satisfaction des restaurateurs et des consommateurs

 

Pour les actions en restauration collective (établissements scolaire, établissements de santé) :

- Nombre de convives visés par la sensibilisation

- Nombre d’actions mises en œuvre

- Identification qualitative et quantitative de la source la plus importante de gaspillage alimentaire (en cuisine et retours plateaux)

- Réduction du gaspillage alimentaire (en kg) mesurée grâce aux pesées : grâce à la mise en place des pesées réalisées sur une semaine dans le self, nous pouvons comparer la quantité d’aliments jetés, à menu égal, avant l'action de sensibilisation et après notre passage.

- Pérennisation des efforts

- Coût évité pour les établissements ayant réduit leur gaspillage alimentaire

- Satisfaction des convives sur les animations menées

 

Pour les actions auprès des moyennes et grandes surfaces :

- Nombre de moyennes et grande surfaces volontaires pour réduire le gaspillage alimentaire

- Identification qualitative et quantitative de la source la plus importante de gaspillage alimentaire

- Nature des actions pour lutter contre le gaspillage alimentaire mises en place

- Évaluation de l’efficacité des gestes identifiés en termes de réduction du gaspillage alimentaire

- Évaluation de la satisfaction des personnels et clients des magasins

 

Pour les actions auprès du grand public :

- Nombre d’événements de restitution des actions menées et d’événements de sensibilisation organisées,

- Nombre de personnes présentes lors des événements

- Qualité des interventions

- Satisfaction des personnes présentes lors des événements

Il est à noter que le nombre d’établissements privés ou publics et de personnes visés par le projet est sujet à modifications selon les ressources affectées, les aléas du projet et les motivations des interlocuteurs.

Le projet étant toujours en cours, nous m'avons pas encore les chiffres, mais plus de la moitié des cibles prévues sont déjà sensibilisées ou sont en cours d'accompagnement.

Résultats qualitatifs :

Le projet doit permettre une réduction quantitative des pertes et gaspillages alimentaires auprès de nombreux acteurs du champ à l’assiette et à tous les stades de la chaîne alimentaire.

 

Cette réduction a des impacts :

 - environnementaux : réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire, économie de ressources (eau, énergie utilisées pour produire). En outre, l’accompagnement et le suivi par la collectivité d'actions de compostage en parallèle des actions “anti gaspillage” permettront une baisse significative des ordures ménagères résiduelles.

- sociaux : la mise en place d’un réseau de glanage dans les marchés et auprès d’agriculteurs permet d'accroître l’accès à l’alimentation pour les plus démunis au niveau local notamment en termes de produits frais : les actions en restauration collective permette de recréer un lien entre les convives et les cuisiniers, de même le glanage permet de tisser du lien entre l’agriculteur et les glaneurs.

- économiques : la réduction du gaspillage alimentaire permet un véritable gain financier. Dans la restauration collective, le projet encouragera le fléchage de ces gains vers un approvisionnement en produits d’alimentation durable (issus de l’agriculture biologique, agroécologie, circuits courts, etc.) grâce aux économies réalisées.

Enfin, le projet a permis la création de deux postes à plein temps consacré uniquement au gaspillage alimentaire (un poste au sein de la CCSB et un poste au sein de l'association FNE 04).

Mise en oeuvre

Description de l'action :

Différents types d’actions seront réalisées pour atteindre les objectifs de réduction du gaspillage alimentaire et de sensibilisation des acteurs sur le territoire. Elles seront mises en place en binôme par la CCSB pour le volet organisationnel, coordination, réseau, administratif et par le prestataire pour les actions directes sur le terrain :

 

→ A titre d'exemple, l’accompagnement des établissements de restauration collective (établissements scolaires, hôpitaux, maisons de retraite, cuisines centrales) a pour objectif de réduire le gaspillage alimentaire dans ces établissements en agissant à la fois sur les pratiques en cuisine et en salle et le comportement des convives. Pour cela, nous employons la méthodologie suivante :

  1. Constitution d'un comité de pilotage avec les personnes volontaires représentant chaque partenaire (ex : personnel administratif chargé de l'approvisionnement, chef de cuisine, représentant des convives, direction, etc. ), et idéalement si possible, nous pourrions aussi associer un groupe d’élèves motivés dans le projet
  2. Identification du volume et des sources du gaspillage alimentaire : pesée sur une semaine de la nourriture jetée en distinguant les types d'aliments gâchés.
  3. Diagnostic des sources du gaspillage alimentaire et prise de conscience
  4. Réalisation d'un plan d'action : celui-ci doit permettre d'identifier les principales actions à mettre en œuvre pour réduire le volume de nourriture jetée.
  5. Mise en place d'actions correctives : réorganisation du réfectoire et du service, révision des menus et des achats, auto-évaluation de la faim favorisée (panneau "je commande une petite, moyenne ou grande assiette ?"), actions de sensibilisation diverses (jeu, affichage, etc…). Pour les scolaires, intervention dans les classes et à la cantine.
  6. Évaluation des résultats : seconde pesée après les actions correctives mises en place, analyse des résultats avec le comité de pilotage, suites de l'action.
Planning :

Démarrage de l'action dès l'acceptation du dossier d'AAP (avril 2018) pour un projet sur 45 mois.

Les premières étape sont :

- L'embauche par la CCSB d’une chargée de mission pour un poste à 32h/semaine. Elle a pour mission de mettre en place et développer les projets, de coordonner les actions, de gérer les partenariats, de contacter et de développer les actions avec chaque acteur et chaque typologie d’acteurs dans le respect des délais et des objectifs fixés.

- La mise en place d’une consultation afin de trouver des prestataires pouvant accompagner les cibles et enrichir le projet de part ses expériences passées en matière de sensibilisation à l’environnement et au gaspillage alimentaire en particulier. L'assocation FNE 04 a été recruté en juin 2019 avec pour mission la mise en place des actions de terrain en partenariat avec la chargée de mission de la CCSB.

- La création d'un groupe de travail réunissant les différents acteurs en lien avec le projet (collectivités, élus, associations, établissements engagés...) afin de créer une dynamique territoriale, de fédérer un maximum d'acteurs et d'avoir des points de vue différents pour répondre au mieux aux problématiques des différentes cibles. L'année  2020 a été compliquée, le (COVID 19 et éléctions municipales) ce groupe de travail 'na pas encore pu se réunir au complet.

La première année du projet (avril 2018- décembre 2019) cible essentiellement les gros producteurs de déchets (milieu scolaire, EHPAD, grandes surfaces). Il s’agit de lancer des actions pilotes sur différents acteurs agissant sur plusieurs stades de la chaîne alimentaire. Les retours d’expériences de ces actions permettront, lors de l’année 2, de favoriser l’engagement des structures.

La deuxième année du projet (décembre 2019- décembre 2020) marque la montée en puissance du projet. De plus, des soirées rencontres, témoignages et retours d'expériences à destination de l’ensemble des acteurs de la chaîne seront organisées. Ceux déjà en action et ceux qui veulent se lancer, seront conviés. L’idée est de pouvoir ensemble échanger sur les freins, les bénéfices, les avantages d’axer un travail sur la diminution des pertes et du gaspillage. Comme évoqué plus haut, le confinement et la crise sanitaire n'ont pas permis la montée en puissance prévue au printemps 2020, toutes les actions ont été arrêtées nette et sont différées à l'automne 2020.

La troisième et dernière année du projet (avril 2020- décembre 2021) est centrée sur le suivi et la pérennisation des actions et la communication. Les établissements seront suivis et détiendront les outils pour continuer la lutte contre le gaspillage alimentaire  de manière autonome. Fort de tous ces retours d’expériences, cette année permettra de s’ouvrir davantage au grand public à travers une large campagne de communication et des événements.

En fin d’année 2021, un événement clôturera le projet, rassemblant tous les acteurs engagés durant les trois dernières années.

Moyens humains :

- des agents de la CCSB pour monter le projet, prospecter au sein des communes et des établissements en vue de trouver des établissements volontaires et recruter la chargée de mission

- une chargée de mission de la CCSB (32h/semaine)

- recrutement d'un prestaire pour 3 ans (un temps plein réparti entre une chargée de mission, des stagiaires et services civiques)

Moyens financiers :

Budget prévisionnel de global de 277 000€ dont 193 900€ de financement de l'ADEME PACA et la Région Sud et 83 100€ d'autofinancement.

Moyens techniques :

des composteurs et bio seaux, du matériel de pesées, des outils de communication (kakémonos, affiches...)

Partenaires moblisés :
  • Les Communes du territoire
  • le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur,
  • l'ADEME
  • La DRAAF
  • Le Conseils départementaux 04 et 05
  • Le réseau FNE PACA  et FNE  04
  • Agribio 04 et 05
  • Parc National des Baronnies Provençales
  • Les chambres d'agricultures 04 et 05
  • "Oui Greens" avec son application PEPINO

valorisation de cette expérience

Facteurs de réussite :

Motiviation et adhésion des interlocuteurs : nous nous sommes lancés dans le projet avec une volonté de toucher un grand nombre d'acteurs du territoire mais très vite nous nous sommes concentrés sur les acteurs le plus motivés et nous nous sommes appuyés sur la loi EGALIM. Si l'établissement n'est pas aussi moteur de son côté c'est compliqué d'activer la machine ! Je recommande donc d'accompagner d'abord les acteurs les plus motivés en espérant que ça puisse faire effet boule de neige (via un peu de communication et partage d'expérience) sur les établissements plus friluex (et donc à accomapgner par la suite).

un portage politique fort

que les établissements s'emparent du projet

un binôme collectivité et prestataire qui fonctionne bien

Difficultés rencontrées :

manque de motivation des interlocuteurs, qui sont abasourdis quand ont leur donne les chiffres du gaspillage dans leurs établissements mais qui pourtant ne prennent pas le "taureau par les cornes" pour changer la donne.

des interlocuteurs à l'écoute mais pas acteurs du changement. Il est assez facile de venir faire les pesées, faire une restitution des résultats et faire prendre conscience du gaspillage au quotidien mais le passage à l'acte est difficile. Nous avons travailler sur un modèle d'accompagnement qui rendrait les établissements plus acteurs de la conception du plan d'action afin qu'il s'approprie et porte le projet dès le démarrage.

manque de temps des personnels des établissements pur ce type de mission

Recommandations éventuelles :

Associer au plus tôt les personnels dans le projet pour qu'ils se l'approprient et soient acteurs, forces proposition

S'appuyer sur les élus locaux et les chefs d'établissements pour impulser le mouvement en se basant sur les obligations de la loi EGALim notamment.