Retour au sol des matières organiques

Néanmoins, le retour au sol des matières organiques suppose un respect rigoureux de la réglementation et des bonnes pratiques pour limiter les risques pour la santé et l’environnement.

Les matières organiques fournissent de nombreux services agronomiques et environnementaux. Dans les sols, les matières organiques sont essentielles au bon fonctionnement et à la durabilité des écosystèmes agricoles et forestiers. En premier lieu, elles constituent l’alimentation des organismes vivants du sol, microorganismes et faune. Un sol riche en matières organiques favorisera la présence de ces organismes nombreux et variés, et donc la biodiversité. Elles accroissent également la stabilité du sol et jouent le rôle d’éponge pour retenir l’eau et de nombreux éléments nutritifs, essentiels aux plantes. La porosité du sol est améliorée, l’eau et l’air circulent mieux dans le sol, ce qui permet aux racines de coloniser plus facilement le sol et d’éviter leur asphyxie.

Néanmoins, lors de la minéralisation des matières organiques, des gaz notamment à effet de serre (CO2, N2O ou CH4 selon les conditions de dégradation) sont émis et des polluants (nitrate, phosphate, éléments traces métalliques, contaminants organiques) peuvent être relâchés. Il est donc important de reconstituer au fur et à mesure le stock de matières organiques afin de préserver la fertilité des sols et les stocks de carbone tout en limitant les transferts des éventuels contaminants. Pour cela, les principaux leviers consistent à maintenir des apports organiques via les résidus végétaux et/ou par des apports exogènes conformes à la réglementation.

Ainsi, l’usage des Matières fertilisantes d’origine résiduaire (Mafor) fait partie des leviers de l’agriculture pour la lutte contre le changement climatique et pour la préservation de la qualité des sols. Les Mafor regroupent les effluents d’élevage et les boues d’épuration brutes ou traitées (méthanisation, compostage, chaulage, déshydratation, etc.), ou d’autres déchets organiques urbains et effluents industriels organiques. Riches en matières organiques et en nutriments (N, P, K), elles sont utilisées pour amender les sols et fertiliser les cultures. Leur usage permet également le recyclage du phosphore, indispensable puisque les gisements naturels sont en voie d’épuisement. II constitue également un axe du développement territorial de l’économie circulaire nécessitant l’association d’une diversité d’acteurs professionnels, civils et publics : agriculteurs, collectivités et autres producteurs de déchets organiques et associations environnementales. Néanmoins, la présence de contaminants métalliques, biologiques et/ou organiques suppose le respect rigoureux des réglementations et des bonnes pratiques agronomiques, ainsi que la poursuite des efforts pour améliorer la qualité des Mafor.

 

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