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Reconstruction et modernisation de la déchèterie des Grimaudes à Bouillargues

Communauté d'Agglomération Nîmes Métropole

Direction des Déchets
3, Rue du Colisée
30945 Nîmes
Illustration de l’opération :

contexte

Nîmes Métropole a élaboré un Schéma Directeur Territorial portant sur l’ensemble du parc de déchèteries du territoire, qui vise à mettre aux normes l’ensemble des déchèteries, voire déplacer certaines d’entre elles, situées parfois sur ces parcelles exiguës, afin d’offrir aux usagers des filières étoffées, des conditions d’accueil optimales et un service public tourné vers la prévention et la promotion de l'économie circulaire.

 

La première opération fut la reconstruction de la déchèterie de La Vaunage, située à Caveirac (30820) : après les travaux réalisés majoritairement en 2017, la nouvelle déchèterie a ouvert ses portes le 22 janvier 2018.

 

La seconde opération, objet de la présente fiche OPTIGEDE, concerne la reconstruction de la déchèterie des Grimaudes à Bouillargues (30230) ; après les travaux réalisés majoritairement en 2018, la nouvelle déchèterie a ouvert ses portes le 25 février 2019.

 

Ces travaux ont bénéficié d’un soutien financier de l’ADEME.

objectifs et résultats

Objectifs généraux :
  • Mettre aux normes une déchèterie intercommunale (regroupant les usagers de 3 communes : Bouillargues, Manduel et Rodilhan, soit 16 350 habitants).

 

  • Optimiser l’utilisation de l’espace d’une grande parcelle (8 600 m² environ) mais présentant de fortes contraintes (forme triangulaire, traversée par deux lignes HTA) :
    • Créer une plateforme déchets verts aux normes ainsi qu’une plateforme gravats,
    • Tout en offrant aux usagers, en toute sécurité de dépose, la totalité des filières disponibles dans le cadre de la délégation de la compétence Traitement au Syndicat de Traitement SITOM Sud Gard,
    • Développer de nouvelles filières à fort enjeu (sur l’amiante lié et les pneumatiques usagés par exemple).

 

  • Protéger la déchèterie par vidéoprotection afin d’éviter les vols et actes de vandalisme fréquents.

 

  • Sensibiliser les usagers au Réemploi et à la réduction des déchets par mise en place de cet espace Réemploi.

 

  • La nouvelle déchèterie est classée en autorisation pour les déchets dangereux et en enregistrement pour les déchets non dangereux et le broyage de déchets verts.
Objectifs quantitatifs :

Détourner les déchets vers la filière Réemploi.

 

Améliorer le tri et la valorisation (taux de valorisation), lutter contre le vol :

  • diminuer le tonnage collecté en « encombrants » au profit des filières plus valorisables, tels que bois, DEA, métaux etc.
  • renforcer la sécurisation des métaux et des DEEE collectés afin qu’ils soient valorisés et non volés : augmentation du tonnage collecté

 

Collecter de nouveaux flux pour les particuliers :

  • amiante lié
  • bouteilles de gaz et extincteurs sans repreneur identifiable
  • pneumatiques usagés
  • textiles usagés…

 

Suivre la fréquentation des différentes catégories d’usagers, notamment des professionnels et des services techniques.

Résultats quantitatifs :

En comparant les données de 2017 (dernière année pleine avant la fermeture de la déchèterie, pour travaux, en 2018)  avec la première année de mise en service (incomplète, du 25/02 au 31/12/2019), les résultats quantitatifs sont les suivants :

  • Le nombre d’enlèvements a diminué, du fait des plages de comparaison non équivalente (10 mois en 2019), d’une meilleure optimisation des chargements et malgré l’augmentation des flux triés et des filières (1 061 rotations en 2017, 774 en 2019)
  • Les tonnages collectés n’ont pas augmenté, et ont au contraire diminué (7 468 t en 2017, 6 331 t en 2019), ceci étant lié à différents facteurs :
    • L’exploitation ne s’est faite que sur 10 mois en 2019 (l’extrapolation sur 12 mois conduirait à un tonnage d’environ 7 500 t)
    • Le contrôle des accès, notamment des professionnels a permis de sensiblement diminuer leurs apports sur plusieurs flux, dont notamment les déchets verts, les cartons, le plâtre, les gravats
  • Les tonnages collectés sont désormais mieux répartis et profitent plus aux flux valorisables grâce à une amélioration de la qualité du tri.
  • 20,8 tonnes ont été détournées via le Réemploi en 2019 (+13 t de textiles, linges de maison et chaussures).
Résultats qualitatifs :

La déchèterie, après travaux, est équipée :

  • d’un accès principal contrôlé par borne et barrière, avec passage devant les agents d’accueil en haut de quai, qui contrôlent et orientent les usagers vers les lieux de dépose en fonction des déchets apportés.
  • d’un accès secondaire, direct, aux plateformes gravats et déchets verts en cas d’encombrement de la plateforme haut de quai, également contrôlé par borne et barrière
  • de deux grandes plateformes :
    • plus de 700 m2 pour les déchets verts,
    • plus de 120 m² pour les gravats
  • de 13 quais permettant de doubler une majorité de flux,
  • de nouvelles filières de valorisation (pneumatiques, amiante lié, textiles, etc.),
  • d’un espace de réemploi des objets.

 

Ces différents éléments font de la déchèterie une vitrine de l’avenir de la gestion des déchets.

 

Dès sa première année d’exploitation, plus de 6 000 t de déchets ont été apportés par les usagers (sur 10 mois).

La fréquentation est également très importante puisque le dispositif de comptage en entrée permet de dénombrer plus de 70 000 visites en 2019 ! Enfin, elle a permis d’orienter vers le recyclage et la valorisation organique plus de 85 % des déchets entrants. Le taux de valorisation définit au plan départemental (hors gravats, DEEE, DMS) gagne 5 points (passant de 77 à 82 %). Enfin, les encombrants diminuent de près de 30 % (en extrapolant les données 2019 sur une période comparable à 2017).

 

L’année 2019 a également vu le renforcement du nouveau dispositif de réemploi des objets en lien avec la réouverture de la déchèterie des Grimaudes, qui succède à celle de La Vaunage. L’espace dédié en déchèterie a permis de détourner plus de 20 tonnes d’objets sur la seule déchèterie des Grimaudes, qui ont eu droit à une deuxième vie auprès des acteurs de l’économie sociale et solidaire du territoire. A cela s’ajoutent 13 t détournées au travers des bornes d’apport volontaire de TLC.

 

Le nouveau règlement d’accès en déchèterie, mis en œuvre suite à la réouverture de la déchèterie de la Vaunage sur les 15 déchèteries du territoire, est en vigueur également sur la nouvelle déchèterie des Grimaudes. Ainsi Nîmes Métropole poursuit l’harmonisation des horaires d’ouverture entre les différentes déchèteries communautaires et la mise  en place de nouvelles conditions d’accès pour les professionnels.

Mise en oeuvre

Description de l'action :

Démolition – reconstruction de la déchèterie des Grimaudes située à Bouillargues et desservant 3 communes (soit 16 350 habitants).

Planning :

Etapes principales

Dates clés

Validation du Schéma Directeur Territorial

Conseil Communautaire du 08/02/2016

Subvention ADEME : notification de la convention de financement portant sur les travaux

Novembre 2016

Première opération : déchèterie de La Vaunage à Caveirac

Etudes en 2016

Travaux en 2017

Réouverture en 2018

Attribution du marché de maîtrise d’œuvre pour la déchèterie des Grimaudes à Bouillargues

Février 2017

Prédiagnostic écologique

Juin 2017

Fin de la phase conception et dépôt des dossiers réglementaires (Porter-A-Connaissance, Permis de Construire)

PAC Octobre 2017

PC Octobre 2017

Obtention des autorisations (Arrêté Préfectoral d’autorisation d’exploiter, PC)

AP Mars 2018 modifié en septembre 2018

PC Février 2018

Attribution des marchés de travaux

Lot 1 (lot principal : terrassements, VRD, GC, locaux en dur etc.) : avril 2018

Lot 2 (clôtures et portails) : avril 2018

Lot 3 (conteneurs) : avril 2018

Démarrage des travaux (durée 8 mois)

Mi-juin 2018

Mise en service de la déchèterie

25/02/2019

Moyens humains :

1 chef de projet maîtrise d’ouvrage au sein de la Direction de la Collecte et du Traitement  des Déchets Ménagers, qui a mobilisé d’autres services de la DCTDM et d’autres Directions de Nîmes Métropole.

 

Au total :

  • 9 Directions de NM ont été mobilisées (DCTDM bien sûr, mais également Commande Publique et Finances, Infrastructures Numériques, CIUVP, Développement Durable, SPANC, Habitat et Politique de la Ville, Communication)
  • 32 entreprises (titulaires et sous-traitants cumulés) sont intervenues, dont :
    • 4 dans le cadre du groupement de maîtrise d’œuvre
    • 5 en tant qu’organisme de contrôle ou assimilé (contrôle technique, CSPS, diagnostic pollution, biodiversité, géotechnique)
    • 20 entreprises de travaux (cumul sur les 3 lots du marché de travaux)
    • 3 entreprises en tant qu’intervenants divers (fournisseurs d’équipements type caillebotis / vidéoprotection / travaux d’amenée de la fibre…)
Moyens financiers :

Les grands postes sont les suivants, sans tenir compte des charges de personnel et autres frais de fonctionnement de Nîmes Métropole mobilisés sur le projet :

  • TRAVAUX : 1 570 500 € HT
  • ETUDES et CONTROLES : 164 000 € HT (dont 113 000 €HT de maîtrise d’œuvre en cumulant missions témoin + complémentaires)
  • DIVERS (vidéoprotection, fibre, fournitures et équipements divers) : 77 300 € HT
  • TOTAL : 1 811 800 € HT
    • Subventions ADEME à déduire : 240 000 € HT
Moyens techniques :

Le MOA et le MOE se sont basés notamment sur :

  • les guides de l’ADEME,
  • les brochures de l’INRS,
  • les recommandations sur l’amiante,
  • les préconisations des filières REP,
  • les guides d’AMORCE sur la nouvelle règlementation déchèteries.
Partenaires moblisés :

Le Référent Sûreté de la Gendarmerie, le service Inspection des Installations Classées de la DREAL, l’ADEME et les communes rattachées à la déchèterie ont été étroitement associés au projet.

valorisation de cette expérience

Facteurs de réussite :

Communiquer avec les élus des communes rattachées à la déchèterie pour proposer à leurs administrés des solutions alternatives pendant la période de fermeture de la déchèterie : accès à d’autres déchèteries du territoire.

 

La déchèterie, après travaux, doit être réellement différente et offrir de nouveaux services aux usagers.

L’organisation et les équipements de la déchèterie doivent être pensés en fonction de l’exploitation future ; toujours conserver à l’esprit les problématiques d’entretien, maintenance, risques de panne…

Difficultés rencontrées :

Gestion des déchets verts : gros enjeux pendant la période de fermeture à proposer une solution alternative aux usagers.

Les portes antieffraction d’un fournisseur spécifique sont difficiles à réparer ou à remplacer par des artisans locaux, au cours de la vie de la déchèterie.

Recommandations éventuelles :

Intégrer la réalisation des dossiers réglementaires en mission complémentaire du marché de maîtrise d’œuvre permet de faciliter les itérations entre les volets réglementaires et la conception.

 

Le PAC pour la démolition-reconstruction a été accompagné d’une étude d’impact, de dangers, de risques (avec modélisation des flux thermiques par exemple) ; le volet biodiversité a été traité par un diagnostic écologique et par une concertation avec le bureau d’études spécialisé pour intégrer ses prescriptions dans les études de conception, mais n’a pas nécessité d’inventaire 4 saisons ni de VNEI car les travaux restaient sur l’emprise de l’ICPE.

 

Il aurait été préférable d’organiser le rétroplanning de manière à ne pas terminer le chantier en hiver : les enrobés viennent quasiment en dernier, et les centrales d’enrobé ferment 2 à 3 semaines entre mi-décembre et mi-janvier, puis les températures peuvent être trop basses pour bien travailler. Cependant, la volonté de Nîmes Métropole de ne fermer la déchèterie qu’après le pic saisonnier du printemps pour les déchets verts n’a pas permis d’éviter une fin de chantier en hiver. Les températures du Sud de France étant relativement clémentes, cela n’a pas posé de difficulté majeure. Eviter également une fin prévisionnelle au mois d’août (fermeture des centrales d’enrobé).

 

Intégrer les travaux de réalisation des locaux « en dur » dans le lot principal de génie civil, terrassement etc. a permis de faciliter l’organisation et le phasage du chantier, la levée des réserves etc.

 

Prévoir un temps de « tuilage » entre les entreprises de travaux et le futur prestataire d’exploitation (privé ou régie) avant l’ouverture du site, afin de former les agents de l’exploitant.

 

Prévoir les essais COFRAC (compactage, ITV, étanchéité…) sur les réseaux humides, en deux temps :

  • Par les entreprises de travaux avant la réalisation des enrobés, afin de réparer ce qui doit l’être avant les enrobés
  • Par une entreprise externe, mandatée par le MOA, après la réalisation des enrobés afin de s’assurer qu’il n’y a aucune casse.

Exiger dans le DCE que les réseaux pluviaux (et d’assainissement) soient étanches car ils peuvent faire transiter des eaux polluées.

 

Le positionnement des bandes de roulement avec rails de guidage doit se faire en concertation avec le futur exploitant, en fonction des bennes qui seront employées, afin de supprimer les risques de dégradation des équipements en cas de mauvais positionnement.

 

Une découpe dans les murs de la plateforme gravats permet de faciliter l’exploitation par le chargement des bennes. La dépose au sol des gravats et déchets verts est appréciée par les usagers.

 

Les murs de la plateforme déchets verts, préfabriqués et en limite de propriété, sont matricés pour améliorer l’intégration paysagère, et traités « anti tag ». Presqu’un an après, aucune dégradation n’a été relevée.

 

Les frontons des toitures doivent être fermés pour éviter les nids de guêpe ; les poteaux des garde-corps également. Les poteaux des clôtures, des panneaux de signalisation, les candélabres, doivent être fermés pour éviter la nidification d’oiseaux qui perdraient leurs œufs.

 

Les panneaux filière sont de type routier et servent de support à des panneaux aimantés souples que l’on peut apposer pour modifier, temporairement, l’affectation d’un quai.

 

Les garde-corps larges sont appréciés et pratiques pour l’ensemble des flux. Pour éviter toute difficulté éventuelle, tous les angles rentrant en haut de quai ont été protégés et balisés.

 

Afin d’éviter les vols des panneaux rigides des clôtures, la base de ceux-ci a été scellée dans une longrine béton coulée en place, tout le long de la clôture. La hauteur hors sol de la clôture devant être au moins de 2.00m, les panneaux mesuraient 2.20 m minimum.