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Action de diagnostic de la production de biodéchets professionnels sur le territoire afin de trouver des solutions de réduction, collecte et valorisation dans le cadre de la démarche Zéro Déchet, Zéro Gaspillage (ZDZG).

contexte

Dans le cadre de son programme « Territoire Zéro Déchet, Zéro Gaspillage », la ville de Miramas s'est engagée sur un projet de d’envergure : travailler en concertation avec l’ensemble des parties prenantes liées à la filière des biodéchets dans le but d’avoir un véritable impact sur la production (diminution), la gestion (organisation) et la valorisation des biodéchets. Cette action part d’un constat simple : un volume important de biodéchets est produit à Miramas. Ces biodéchets se retrouvent la plupart du temps dans les ordures ménagers, ce qui est à la fois coûteux et aberrant en terme ressource non valorisée. Un diagnostic de la production de biodéchets sur le territoire auprès des  producteurs professionnels privés et publics était donc nécessaire afin de mettre en lumière les enjeux et les solutions éventuelles à la gestion locale de ces biodéchets. L’objectif de la ville n’est cependant pas seulement de trouver une solution pour la gestion des biodéchets, mais aussi de travailler en amont à réduire leur production, pour n’avoir à valoriser que ce qui n’est pas réductible. La ville s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue.

objectifs et résultats

Objectifs généraux :

Les objectifs sont de prévenir la production de biodéchets, trouver des solutions locales de collecte et de traitement en développant la coopération entre les différents acteurs pour favoriser une économie circulaire: les déchets produits sur le territoire doivent être gérés, traités et valorisés sur ce même territoire .

L’étude devait également permettre une sensibilisation, une formation et une prise de conscience du coût et du gâchis engendré par les biodéchets actuellement par toutes les parties prenantes.

Résultats quantitatifs :

La phase de diagnostic a permis d'évaluer le volume de biodéchets produits sur le territoire, soit 555 tonnes : 155 tonnes de biodéchets alimentaires produites par la restauration collective et les grandes surfaces et marchés, ainsi que 420 tonnes de déchets verts produites par la municipalité. La collecte et le traitement de ces biodéchets à un coût et diminuer la production à la source permettrait de réelles économies.

Une projection réalisée dans le cadre de l'étude montre par exemple que la prévention du gaspillage alimentaire pourrait permettre d'éviter la production de 14740 kilogrammes de biodéchets à l'année, et ainsi d'économiser près de 5000 euros et ce en comptant que les établissements de restauration collective. L'objectif à cet égard est donc de parvenir à un évitement moyen de 30% du gâchis alimentaire. Les établissements scolaires de Miramas sont investis dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et font partie du projet "1000 écoles et collèges contre le gaspillage alimentaire" qui  vise également cet objectif.

Les supermarchés et marchés, à travers le don pour l'alimentation humaine, pourraient également réduire leur production de biodéchets de 12510 kilogrammes annuels, ce qui représente une économie de 4203 euros par an sur le traitement des biodéchets. Les dons pour l'alimentation animale pourraient quant à eux permettre d'économiser 21000 euros par an en réduisant la production de biodéchets de 62650 kilogrammes par an.

Résultats qualitatifs :

Cette étude biodéchets a bénéficié aux différents acteurs. Elle a permis aux producteurs de biodéchets de faire évoluer leur organisation afin de réduire leur production de déchets. L'aspect "collectif" du projet leur a également permis de se sentir valorisés, écoutés et soutenus.

Les pesées qui ont eu lieu chez chacun des gros producteurs a permis une prise de conscience, mais aussi de travailler sur un diagnostic conforme à la réalité du territoire pour envisager des solutions communes. L’étude a mis en avant qu’une solution mutualisée sur le territoire serait bénéfique à chacun.

A l’issu de l’étude, plusieurs scenarii de collecte/traitement ont été proposés, et c’est à l’unanimité que les parties prenantes ont choisi la mise en place d’une plateforme locale de compostage qui sera mise en place d’ici 2020 sur la commune de Miramas. Cette plateforme sera en dessous des normes ICPE mais pourra accueillir les biodéchets de territoires proches (Saint Chamas, Istres, Salon...).

Mise en oeuvre

Description de l'action :

Le projet de réduction des biodéchets à Miramas s’appuie sur plusieurs axes.

 

Axe 1 : une phase de diagnostic. l’ensemble des gros producteurs de biodéchets se sont prêtés au jeu des pesées, fournissant à la ville des données précieuses. Cette phase a permis d'obtenir un tableau d'ensemble des biodéchets, et de dégager les axes sur lesquels travailler en priorité à travers une phase de groupes de travail.

 

Axe 2 : une phase de développement du projet d’économie circulaire. Cette phase s’est centrée sur les potentiels réutilisateurs de biodéchets en vue de faire de la lutte contre le gaspillage alimentaire et de l’enjeu de la valorisation locale des biodéchets une solution pour tous les acteurs.

 

Axe 3 : l’éco-exemplarité de la municipalité. C’est notamment à travers ses événements et éco-manifestations que la ville s’assure de la mise en place et de la transmission de bonne pratiques, favorisant pour leur organisation les matériaux durables, éco-responsables et pesant les déchets produits au terme de la journée.

 

Axe 4 : une phase de sensibilisation autour d’ateliers de travail proposés dans le cadre de l’étude. La sensibilisation a également lieu dans les écoles, où les pauses méridiennes ont été repensées afin d’en faire un temps pédagogique autour du gaspillage alimentaire. Les établissements de restauration collective se sont en effet engagés dans une démarche de labellisation « En cuisine » d’Ecocert  et, après avoir atteint le premier niveau en 2016, ils visent aujourd’hui le deuxième niveau qui implique une lutte contre le gaspillage et une démarche de gestion globale des déchets (cf projet 1000 écoles et collèges contre le gaspillage alimentaire). 

Planning :

Durée de l'action : 12 mois.

Moyens humains :

Il y a environ une vingtaine d’acteurs impliqués dans cette étude:

- Les gros producteurs: le service municipal Espace Vert, les marchés, la restauration collective comme les crèches, écoles, collèges, lycée, centres d'accueils, maisons de retraite, les restaurateurs, supermarchés, etc.

- Les utilisateurs de biodéchets: les agriculteurs, éleveurs, les associations caritatives et la SPA.

- Les partenaires du projet: la Régie Intercommunale de Collecte et de  Valorisation des déchets, la Région, l'ADEME, les chambres consulaires, la chambre d’agriculture, le département.

- Les services municipaux: agenda 21, urbanisme, politique de la ville, la Maison de l’Enfance et de la Jeunesse, le Centre Technique Municipal, le Centre Communal d’Action Sociale.

Partenaires moblisés :

La Régie Intercommunale de Collecte et de  Valorisation des Déchets (RICVD), la Région, l'ADEME, les chambres consulaires, la chambre d’agriculture, le département ainsi que les services municipaux cités précédemment.

valorisation de cette expérience

Facteurs de réussite :

L’action menée par la ville de Miramas est innovante de par la largeur du spectre des partie prenantes: la participation et la coordination de l’ensemble des acteurs concernés par la production de biodéchets est favorisée en vue de faire émerger des solutions pour valoriser les biodéchets en développant l’économie circulaire. Ce projet est la traduction en actes d’un souhait commun, celui de trouver une solution globale de territoire pour tous les professionnels, qu’ils soient privés ou publics. Cela passe vraiment par une gouvernance participative : la ville souhaitant élaborer un projet concernant ses propres bio-déchets, elle a proposé aux acteurs volontaires de le rejoindre afin de d’avoir une approche globale, commune, de la gestion des bio-déchets. Tous les acteurs possibles ont ainsi été associés au projet : les producteurs de biodéchets, afin de trouver des solutions pour les réduire, des utilisateurs potentiels, qui pourraient valoriser les biodéchets non réductibles, mais aussi les partenaires qui ont permis de soutenir et élaborer un cadre au projet, et les services municipaux, acteurs de l’engagement de la municipalité pour la réduction des déchets. L’action gagne ainsi en cohérence, et cette démarche de gouvernance participative proposée par la ville nourrit réellement le projet, permettant une réflexion, un partage de bonnes pratiques et l’élaboration de solutions à grande échelle. Cette échelle est importante puisque les acteurs ne se lancent pas nécessairement seuls dans une réflexion autour des biodéchets, la collégialité est alors un moyen efficace de les mobiliser.

Difficultés rencontrées :

Il s’agit d’une action reproductible, les bénéfices d'une réflexion autour de cette thématique sont divers, et la coordination des acteurs est l'une des conditions majeures à la réussite d'un projet qui ait du sens.