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Mutualisation des outils et recherche de solutions pour optimiser les coûts de transport et de traitement

Communauté de communes du Plateau Picard

140 rue Verte
60130 Le Plessier/St Just
Geoffrey Fumaroli
g.fumaroli@cc-plateaupicard.fr
Illustration de l’opération :

Opération de concassage des gravats en 2 granulométries

(Crédits de l'image : Illustration fournie par la Communauté de Communes du Plateau Picard)

contexte

Le réseau de déchèteries de la Communauté de Communes du Plateau Picard s’organise autour de 4 sites : 2 grosses déchèteries avec des quais et 2 plus petites structurées en plateforme avec des bennes au sol. En 2003, lors du renouvellement du marché de gestion des déchèteries, l’augmentation des coûts de transport a été évaluée entre 40 et 50 %.

 

Face à ce constat, couplée à une volonté d’apporter une solution à la saturation des équipements, notamment lors des jours de fortes affluences, la collectivité a réfléchi à des moyens d’optimisation logistique. Ainsi, les 2 plus grosses déchèteries ont été équipées d’engins de compaction mobile (Packmat). La même année, pour faire face à l’augmentation du coût de traitement des gravats (de 2 €/tonne à 25 €/tonne), une installation de stockage de déchets inertes (ISDI) a été construite afin de gérer en interne les gravats collectés en déchèteries. À la fin de la période d’autorisation d’exploiter en 2013, il a été décidé de mettre en place des opérations de concassage et de revente des gravats à intervalle maximal de 3 ans afin de respecter les délais ICPE d’autorisation de stockage de façon temporaire des inertes sur un site avant concassage.

 

La collectivité gère également en régie depuis 2009 une recyclerie qui emploie des salariés en contrat aidé. Cette recyclerie est approvisionnée par des objets collectés sur 3 déchèteries du territoire disposant d’un espace réemploi et par des collectes à domicile.

objectifs et résultats

Objectifs généraux :

En s’équipant d’outils logistiques, pour certains mutualisés sur l’ensemble des sites, la collectivité a souhaité :

  • S’adapter à la hausse de la fréquentation et des tonnages collectés tout en maintenant un niveau de service élevé
  • Prévenir de la hausse des coûts de transport et de traitement
  • Diminuer le nombre de rotations de bennes en optimisant leur remplissage
  • Rationnaliser les coûts en mutualisant les équipements entre déchèteries
  • Contrôler l’accès aux déchèteries et le restreindre aux usagers du territoire (particuliers et professionnels)
Résultats quantitatifs :
  • Perspective de diminution des quantités collectées en déchèteries (9 994 tonnes en 2014 et 8 841 tonnes en 2015), mais la collectivité n’a pas encore assez de recul pour identifier la part de cette baisse qui est directement liée à la mise en place des badges et la part qui est liée aux fluctuations annuelles de certains matériaux tels que les déchets verts.

 

  • Optimisation du remplissage des bennes (de + 29 à + 66 %) : gains entre 20 et 25 000 € par an par le nombre de rotations évitées.

 

Gains obtenus par compactage sur différents flux
Flux

Poids moyen par benne

sans compactage

Poids moyen par benne avec compactage Variation
Tout venant 4 5,6 + 29 %
Déchets verts 4 5,4 + 26 %
Ferrailles 3,7 5,6 + 34 %
Carton 0,9 2,6 + 66 %

 

 

 

  • Concassage des gravats :

Première opération : 20 000 tonnes de gravats concassés, coût de l’opération : 110 000 €, recettes des reventes aux communes et aux professionnels : 90 000 € (environ 10 000 tonnes revendues entre 9 et 10 €/tonne aux communes et entre 11 et 12 €/tonne aux professionnels)

Seconde opération programmée à la rentrée 2016 (estimations) : 7 000 tonnes de gravats concassés, coût de l’opération : 55 000 €, recettes attendues : 50 000 €

 

  • Broyage des végétaux :

Coût transport + traitement pour 236 tonnes (76 évacuations) : 9 100 € HT

Bilan fin mai 2016 suite à l’acquisition du broyeur mobile en février 2016 :

Dépenses de fonctionnement broyeur (opérateur, carburant, amortissement de l’investissement) : 3 900 € TTC
Économies de gestion (rotations et traitement) : 5 000 € TTC

Soit une économie réelle de 1 100 € TTC

 

  • Recyclerie :

Pour l’année 2015 : 155 tonnes collectées dont 80 tonnes sont valorisées dans les différentes filières de recyclage en déchèteries et 46 tonnes orientées vers le magasin (les 29 tonnes restantes partent en tout venant). Pour l’année 2015, ces 46 tonnes représentent environ 36 256 objets revendus (la plupart des objets mis en vente finissent par être vendus, mais parfois cela nécessite plus d’année).

Résultats qualitatifs :

Disparition des problèmes de vol de métaux sur les déchèteries depuis l’utilisation des compacteurs et de vol de batteries depuis leurs mises sous clefs quotidienne.

Mise en oeuvre

Planning :

Rentrée 2016 :

Seconde opération de concassage

 

Février 2016 :

Achat d’un broyeur de végétaux mobile

 

2015 :

Mise en place du contrôle d’accès (cartes)

 

2013 :

Première opération de concassage et revente des gravats

 

2004 :

Ouverture d’une installation de stockage de déchets inertes autorisée pour une capacité de 16 000 tonnes

 

2004 :

Achat des premiers engins de compaction mobile

Moyens humains :
  • Mise en place du contrôle d’accès : 50 % du temps de travail de 3 agents pendant 8 mois (pour la distribution de 8 500 cartes environ)
  • Nombre d’agents de déchèterie : 5 agents pour 4 sites
  • Nombre de personnes mobilisées par opération de concassage : 0,1 ETP durant 1 mois
  • Nombre de personnes mobilisées pour les opérations de compactage et broyage : 2 agents 3 jours par semaine
Moyens financiers :
  • Matériel :

Achat de 2 compacteurs à rouleaux en 2004 : 140 000 € TTC

Remplacement par 2 nouveaux compacteurs en 2014 : 204 000 € TTC

Achat d’un broyeur de végétaux mobile neuf : 45 000 € TTC, dont une subvention de 10 000 € (réserve parlementaire)

 

  • Prestation de service pour le concassage et le dépôt de dossier d’autorisation :

Dossier de déclaration Préfectoral : 300 € HT
Concassage : 5,86 € HT par tonne (inclus amené et replis matériel et installation de chantier)
Chargement des matériaux concassés vendus : 0,55 € HT par tonne

 

  • Mise en place du contrôle d’accès :

Carte RFID : 74 centimes pièce (par 10 000)
Lecteurs portable : 1 800 € HT pièce
Logiciel gestion déchets (incluant un module contrôle d’accès en déchèterie) : 6 660 € HT (version extranet, hors installation, reprise des données et formation)

 

  • Recyclerie :

Coût de fonctionnement : 202 961 € TTC de dépenses – recettes directes 68 693 € (ventes magasin et versement contrats aidés), subvention d’équilibre 134 268 €

 

Coût aidé de gestion des déchèteries : 20 €/hab/an

Moyens techniques :
  • Compactage multiflux à l’aide de Packmat :

Des engins de compaction mobile ont été mis en place en 2004 sur les 2 plus grosses déchèteries du territoire. Ces 2 compacteurs – rentabilisés en 4 ans - ont été remplacés en 2014, après 10 ans d’utilisation, par 2 nouveaux engins. Les nouveaux modèles permettent également de déplacer les bennes pleines pour les remplacer par des bennes vides. Les nouveaux modèles ont un pouvoir de compaction moindre que les anciens.

 

  • Contrôle d’accès par carte :

Pour faire face à la hausse des tonnages et de fréquentation des déchèteries et pour restreindre l’accès aux seuls habitants et entreprises du territoire, le contrôle d’accès par carte a été  progressivement mis en place en 2015. Les cartes d’accès sont devenues obligatoires à partir du 1er septembre 2015 (existe en 3 couleurs pour différencier chaque type d’usager : particulier, professionnel, collectivité). Chaque foyer/professionnel peut faire la demande gratuitement par internet en remplissant en ligne un formulaire (http://www.cc-plateaupicard.fr/Demande-de-badge-pour-les-particuliers.html) ou directement auprès des services de la collectivité (une carte par foyer/professionnel). À ce jour, 8 500 cartes équipées d’une puce ont été distribuées.

Outre la volonté de mieux maîtriser les apports des usagers, la mise en place du contrôle d’accès a également pour objectif d’obtenir des données plus fiables et précises sur les apports pouvant faire l’objet d’une analyse et d’un suivi (comme par exemple étudier les comportements par type d’usager, les comportements « hors normes » pour identifier les professionnels masqués, etc.).

À chaque passage en déchèterie, les cartes sont scannées par l’agent de déchèterie avec un lecteur portable et la nature des déchets apportés est renseignée par l’agent. À ce jour, pas encore de résultats significatifs liant « effet carte » et fréquentation.

Des ponts bascules sont présents sur les sites pour permettre la facturation des professionnels au poids.

 

  • Opérations de concassage et revente des gravats :

L’autorisation d’exploiter l’ISDI de la collectivité, accordée en 2003, a pris fin en 2013. La collectivité a décidé d’effectuer une première opération de concassage des gravats afin d’extraire une partie des gravats stockés sur site. Le concassage est effectué en 2 granulométries différentes. Sur la 1ère opération, 10 000 tonnes de matériaux concassés ont été revendus principalement aux communes. 3 ans après cette première opération, une nouvelle opération a été réalisée en septembre 2016 pour respecter le délai maximal de 3 ans accordé pour le stockage temporaire des gravats.

 

  • Mutualisation du broyeur mobile de végétaux et location aux communes :

Des plateformes de déposes au sol des branchages d’une superficie de 100 m², présentes sur les 2 petites déchèteries, ont permis de collecter 236 tonnes en 2015 (branchages uniquement). Pour transporter ces déchets en vue de leur traitement, 76 évacuations ont été nécessaires (coût total transport + traitement : 9 100 € HT).

En février 2016, un broyeur de végétaux mobile d’une puissance de 75 cv et d’une capacité 40 m3/h a été acheté. Ce broyeur, tractable par un véhicule léger, est mutualisé sur l’ensemble des déchèteries. Il est également loué 180 €/jour aux communes qui le souhaitent. L’ensemble des espaces verts de la collectivité étant labellisés Zéro Phyto, la demande en broyat est importante. Ainsi, le broyat produit est pour partie valorisé dans les espaces verts de la collectivité ; il est également mis à disposition gratuitement des habitants et des communes.

 

  • Recyclerie gérée en régie

La Recyclerie a assuré 341 collectes à domicile en 2015. L’équipe est composée de 2 agents valoristes menuisier et électroménager blanc (hors froid) à temps plein, 4 agents de collecte et tri à temps non complet (25 h/semaine), 1 agent à temps non complet pour le magasin (20h / semaine). Des espaces réemplois sont présents sur 3 déchèteries et permettent également d’approvisionner la recyclerie.

Partenaires moblisés :

Communes (location broyeur, achat de matériaux concassés)

DREAL (dossier autorisation concassage)

Fournisseur du logiciel de contrôle d’accès (Proflux) : société TRADIM

ADEME

valorisation de cette expérience

Facteurs de réussite :

Facteurs de réussite :

  • Diversification des outils d’optimisation logistique : compactage, broyage, concassage, contrôle d’accès, ...
  • Mutualisation de l’outil de broyage des végétaux sur l’ensemble des déchèteries et location aux communes
  • Rentabilisation rapide des équipements
  • Réutilisation des gravats concassés par les communes et les professionnels : réaménagement de chemins ruraux, réalisation de quai en bordure de champ, utilisation de fond de forme pour certains travaux
  • Les nouveaux Packmat permettent également de déplacer les bennes pleines pour faire la rotation avec les bennes vides

 

Freins :

Compacteurs :

  • Moins bonne compaction des nouveaux compacteurs
  • Obligation d’un contrôle trimestriel des compacteurs (ce qui n’était pas le cas des anciens)
  • Plus d’électronique dans les nouveaux compacteurs qui génèrent plus d’aléas techniques

 

Concassage :

  • Vigilance pour que le taux de ferrailles soit faible dans les produits vendus
  • Logistique pour la vente des produits (organisation des RDV pour le chargement des bennes, validation des bons de pesée)

 

Reproductibilité :

  • Collectivité ayant plusieurs sites pas trop éloignés les uns des autres afin de pouvoir mutualiser certains équipements (compacteur, broyeur) et ainsi les amortir plus rapidement
  • Nécessité de disposer d’espace en déchèterie pour stocker les compacteurs
Difficultés rencontrées :

Acquisition de compacteurs pour réduire les coûts de transport des déchets de déchèteries et mise en place d'opération de concassage/revente des gravats stockés sur l'ISDI

Recommandations éventuelles :

Pour le concassage :

  • Essayer de séparer dès le dépôt en déchèterie les terres des gravats concassables. La terre complexifie le concassage et n’est pas commercialisable
  • Anticiper la vente des produits pour éviter d’avoir à gérer du stock sur site (encombrement)