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Collecte des biodéchets : travail d'équipe pour une communication de proximité

Sieeen

7, Place de la République
Bp 42
58027 Nevers
Laurence Gadrey
laurence.gadrey@wanadoo.fr

contexte

14 collectivités adhérentes en charge de la collecte : collecte séparée des biodéchets en bac de 120l ou en bioseau ou en sacs. Suivant la collectivité, sac bio non fourni, vendu en rouleau à 2 € ou donnés à la demande. Peu de bacs collectifs pour les bio. Collecte des OM en sac transparent rose.

91500 habitants

Territoire rural

Compétence traitement : 5 plateformes de compostage.

objectifs et résultats

Objectifs généraux :

1 tonne de refus = 108 € gaspillés !

AMELIORER LA QUALITE DU TRI : ATTEINDRE MOINS DE 1 % D’INDESIRABLES DANS LES BIODECHETS POUR OBTENIR UN COMPOST DE QUALITE IRREPROCHABLE ET MAITRISER LES COUTS grace à un partenariat humain entre les acteurs de la collecte au dépotage.

Résultats quantitatifs :

Chaque collectivité est plus ou moins stricte, sachant que plus elle est sévère mieux le tri est effectué. Les collectivités qui ont appliqué cette méthode ont vu la quantité de leurs biodéchets nettement augmenter et la qualité s’améliorer considérablement.

 

Sur une tournée lambda : environ 5 % de bacs biodéchets refusés + 10 % des bacs avec papier boite au lettre.

 

Résultats qualitatifs :

Caractérisation des indésirables faites par le SIEEEN : 2 caractérisations par collectivité par an en biodéchets et OM (recherche du gaspillage alimentaire, des déchets verts…)

=> résultat des caractérisation par exemple sur la Communauté de communes des Portes du Morvan : 2,5% d’indésirables en 2010 et 0,18% en 2015.

Mise en oeuvre

Planning :

De la qualité des biodéchets collectés dépend la qualité finale du compost produit. Nous avons développé une méthode qui propose de contrôler trois fois la qualité du produit.

La qualité des biodéchets repose sur un travail d’équipe et nécessite une action de terrain sans relâche. Un travail de fourmis dont chacun est un maillon indispensable.

 

Premier maillon de la chaîne, le ripeur et le chauffeur du camion de collecte. Ils sont chargés de contrôler la qualité des entrants : Utilisation des bacs réservés à bon escient, conformité des sacs  biodégradables « ok compost » à l’exclusion de tout autre, non pollution des biodéchets par des déchets inappropriés (aluminium, emballages, épluche-légumes…). L’équipe est chargée d’informer l’usager de la non-conformité des bios présentés à la collecte au moyen d’un petit papier dans la boîte aux lettres si les biodéchets sont collectés ou d’une étiquette de refus s’ils sont laissés sur place. L’appréciation de la gravité de l’erreur et l’acte de prendre ou laisser, est laissée au jugement du ripeur. Il lui arrive d’avoir affaire directement à l’usager, il doit alors l’informer des consignes de tri, avec le sourire.

L’équipe de collecte est chargée de faire remonter à l’ambassadeur les erreurs de tri et les adresses des contrevenants. L’utilisation de la géolocalisation du camion améliore ce travail d’alerte, l’ambassadeur trouve les adresses beaucoup plus facilement et évite les « suivis de tournée » réguliers qui font perdre du temps. Grâce à la géolocalisation on gagne en réactivité.

Arrivée à la plateforme de compostage lors du dépotage, l’équipe de collecte effectue un second contrôle sitôt les biodéchets vidés, le ripeur étale les bios avec un crochet afin d’isoler les grosses erreurs (sacs d’OM, bioseau, emballages). Elle laisse ensuite la place au responsable du site. 

L’équipe administrative doit être informée de ce qui se passe, elle se charge des appels et recueille les mécontentements des personnes, tâche qui est souvent attribuée à l’ambassadeur (en fonction du numéro de téléphone sur les étiquettes et flyers).

L’ambassadeur de tri et de prévention est souvent derrière (ou dans) le camion aux côtés de l’équipe de collecte. Même en cas de géolocalisation, passer du temps avec l’équipe de collecte est important, ne serait-ce que pour partager des moments ensemble. Il existe deux types de suivis : le suivi de collecte pour évaluer les tournées une fois par an et par tournée : nombre d’arrêts, nombre de sacs ou bacs conformes ou non, collectés ou non, anomalies, points noirs et le suivi de camion pour contrôler la qualité d'une collecte : analyse en détail d'un quartier qui pose souci en faisant le contrôle de tous les sacs et bacs.

Par souci de réactivité, l’ambassadeur assiste au dépotage de ses camions. Etre très réactif permet de régler des problèmes le plus rapidement possible notamment lorsqu’il s’agit de biodéchets issus de gros producteurs (biodéchets du supermarché emballés, barquettes aluminium du traiteur…). Tous les jours l’ambassadeur récupère les informations de l’équipe de collecte, il traite ensuite les problèmes chez l’habitant, armé de son guide de tri.

Le responsable de la plateforme de compostage est chargé de contrôler le chargement après le dépotage. Depuis novembre 2013, une procédure, votée par les élus des EPCI, l’autorise à refuser une collecte, totalement ou partiellement, au moyen d’un formulaire envoyé à la collectivité et à l’ambassadeur.

Moyens humains :

Environ 100 agents de collecte, six gardiens de plateforme de compostage SIEEEN formés

 

10 ambassadeurs : 4 embauchés par le SIEEEN (objectifs annuels - décembre planning de l’année en fonction des besoins des collectivités) - coût des ambassadeurs est répercuté au prorata du temps passé - 15 à 20 tournées par ambassadeurs –  et 6 ambassadeurs extérieurs embauchés par les collectivités

Moyens financiers :

Coût de facturation à la journée d’un ambassadeur : 37 000 € par an, soit 145 € par jour (équipement, coordination, formations compris)

Moyens techniques :

Collectivité : Equipement supplémentaire de l’équipe de collecte : étiquettes de refus avec N° de téléphone, des petits papiers imprimés nous-mêmes pour les boîtes-aux-lettres, téléphones portables, appareil photo (ou smartphone), calepin autocopiant.

Equipement de l’ambassadeur : Véhicule, téléphone, EPI, guide du tri de la collectivité, formation à la géolocalisation (le cas échéant).

SIEEEN : création de Ppt à destination des élus pour adhésion à la démarche, rencontre de toutes les équipes de collecte.

Partenaires moblisés :

Les collectivités chargées de la collecte

valorisation de cette expérience

Facteurs de réussite :

Cette méthode est imitable dans tous les milieux ruraux car une poubelle correspond à une adresse. C’est beaucoup moins facile en ville, à moins de travailler par micro-quartier et de faire tous les appartements en porte-à-porte.

Difficultés rencontrées :

Trois phases de contrôle humain permettent d’obtenir un produit véritablement exemplaire. Le partage des responsabilités entre l’équipe de collecte en charge du tri des gros indésirables, l'ambassadeur et les agents de la plateforme en charge des éléments plus fins a facilité son acceptation. Les élus des EPCI se sont également rendus sur les plateformes pour convaincre les équipes de collecte.

Recommandations éventuelles :

Le « travailler ensemble » est souvent affaire d’affinités entre les personnes, il repose sur le respect et la complémentarité. Chacun doit y trouver son compte et se reposer sur l’autre pour faire un travail de qualité.

il faut peaufiner les moments de convivialité entre les agents pour que cela fonctionne bien et pour casser les clivages : pause café lors du dépotage, petits casse-croûte...