Déchets du bâtiment et des travaux publics

Quantités et typologie des déchets du Bâtiment et des Travaux Publics

Parmi l’ensemble des déchets générés chaque année en France, ceux du Bâtiment et des travaux publics (BTP) représentent le plus gros tonnage (comparés aux déchets ménagers et d’autres activités économiques) : 227,5 millions de tonnes (Mt) sur 324 tous déchets confondus.(1) C’est notamment pour cela que le Programme national de prévention des déchets (2014 - 2020) a inscrit les déchets du BTP dans sa priorité n° 1.

Entre les 2 secteurs, ces déchets se répartissent globalement ainsi :

  • 42,2 Mt pour le bâtiment ;
  • 185,3 Mt pour les travaux publics.

Ils relèvent de 3 catégories :

  • déchets inertes (211,3 Mt). Ils représentent 97 % des déchets de travaux publics ;
  • déchets non inertes non dangereux (13,2 Mt). Dans ce cas, c’est le bâtiment qui en génère le plus, avec 9,7 Mt (particulièrement dans le second œuvre) ;
  • déchets dangereux (environ 3 Mt, soit moins de 2 %).

Des différences entre les 2 secteurs : Bâtiment et Travaux Publics

Habituellement réunis sous l’appellation unique de « BTP », leurs spécificités respectives méritent d’être prises en compte, au plan structurel (acteurs), opérationnel (chantiers), comme en ce qui concerne les déchets résultant ainsi que les conditions de leur gestion.

Secteur du bâtiment : construction, rénovation, démolition des bâtiments publics ou privé

Le foisonnement entrepreneurial est manifeste (98 % des 416 000 entreprises de l’ensemble BTP relèvent spécifiquement du bâtiment), avec une large variété de profils (des multiples artisans à quelques majors) et de corps de métiers intervenants.

On y rencontre une grande diversité de chantiers, donc des déchets hétérogènes (d’un chantier à l’autre ; au sein d’un même chantier), nécessitant des dispositifs adaptés de tri, collectes, regroupement. À défaut, ces déchets du bâtiment présentent encore des mélanges élevés (entre les 3 catégories mentionnées ci-dessus ; entre gros œuvre et second œuvre).

Enfin, la connaissance des possibilités de réemploi ou de recyclage de certains flux (produits/matériaux) est encore en devenir dans le bâtiment.

Secteur des travaux publics : création et réaménagements de voiries (routes, réseaux enterrés d’eau,…) et d’ouvrage d’art (ponts/tunnel/…)

Les entreprises, tendanciellement de plus grande taille, intègrent parfois directement l’activité de valorisation ou ont des liens étroits avec ses acteurs. Elles disposent de moyens logistiques pour gérer les importants volumes de déchets, majoritairement inertes, qu’elles génèrent et bénéficient d’un encadrement des pratiques de valorisation en techniques routières. Leurs déchets, relativement homogènes, sont davantage concentrés sur de grands chantiers d’infrastructures, avec des capacités de réemploi/réutilisation déjà éprouvées, incitées ou exigées par les maîtres d’ouvrages.

Points communs et passerelles entre Bâtiment et Travaux Publics

Ces 2 secteurs offrent autant de synergies potentielles à exploiter, en faveur de la prévention et de la valorisation de leurs déchets :

  • nombre d’entreprises interviennent dans les deux (notamment les plus grosses d’entre elles), pouvant faire circuler savoir-faire, bonnes pratiques… ou flux matières, de l’un à l’autre. Les acteurs de la maitrise d’œuvre sont également positionnés ici de manière transversale ;
  • les grandes opérations d’aménagement ou de rénovation urbaine sont d’ailleurs une combinaison opérationnelle des deux domaines (constructions, espaces périphériques et voiries réseaux divers), offrant la même opportunité ;
  • les ressources utilisées et/ou réutilisables sont souvent similaires (granulats-gravats) ;
  • des possibilités de réemploi/réutilisation/recyclage existent et sont ainsi démontrées, pour les déchets inertes notamment (voire pour des non inertes non dangereux, comme le bois) ;
  • les points précédents recèlent d’évidence des opportunités qui renvoient à la démarche d’écologie industrielle et territoriale ;
  • les acheteurs publics de poids dans différents domaines (infrastructures routières, programmes de construction, rénovation…) peuvent/doivent impulser ces bonnes pratiques.

(1) Sauf précision supplémentaire, toutes les données chiffrées citées ici sont des données 2014.